vendredi 12 décembre 2008

Dernier jour de travail avant… Avant quand d’ailleurs !?! (12 Décembre 2008)

IMGP2517Hier soir, dîner de fin de mission avec mes collègues de travail à l’Hôtel Hyatt, auIMGP2520 fameux restaurant « Made in China » pour déguster le meilleur canard laqué de Pékin : une pure merveille…

Comme vous le savez, je réalise depuis Septembre ma mission de fin d’étude dans une agence de communication française ayant une antenne en Chine, à Pékin. Pour des IMGP2521raisons de secret professionnel, je n’ai pas réellement pu vous faire part de mes activités. Aujourd’hui est mon dernier jour à l’agence, et si jeIMGP2534 vous faisais part de mon petit bilan ?

L’agence pour laquelle je travaille est une agence spécialisée en marketing et communication alimentaire ainsi que de l'Art de vivre à la française. Elle conçoit et met IMGP2541en place pour le compte de ses clients - entreprises et filières agroalimentaires - des campagnes de communication valorisant leurs produits et leurs marques made in France sur tousIMGP2545 les marchés.

Implantée en France et dans 27 pays étrangers, cette agence intervient au total dans plus de 50 pays. Cette dimension IMGP2564internationale m’a plue immédiatement, d’autant plus que cette agence exerce dans le secteur d’activité qui me passionne : le secteur alimentaire qui plus est, la gastronomie française.

N’ayant jamais réalisé de stage à l’étranger, il me semblait plus qu’essentiel deIMGP2542 partir pour prouver par une action concrète cette véritable ouverture sur le monde IMGP2552et sur les autres.

Passionnée par l’Asie depuis toujours, du fait de mes origines (ma grand-mère paternelle étant vietnamienne/laotienne), je souhaitais partir sur ce continent pour une expérience de vie.

La Chine était une évidence pour y réaliser ma mission de fin d’étude car c’est le paysIMGP2560 qui révolutionne actuellement le marché du travail : impossible aujourd’hui d’ignorer cette superpuissance mondiale.

IMGP2556Partir là-bas, seule, m’a montré à quel point ma détermination de bouger avec mon temps et ce côté alerte aux évolutions qui m’entourent  étaient puissantes. Je ne parle pas un mot de chinois et mon anglais était vraiment basique. Le choc des cultures a été très intense mais je ne me suis pas arrêtée là. En effet, vu mon niveau d’anglais, je me suis ajouté une difficulté, j’ai cherché exclusivement des colocataires anglophones pour perfectionner cette langue. Choix que je ne regrette aujourd’hui absolument pas car je vis avec deux Américains (un Hawaïen et un New-Yorkais) et un Anglais et je dois avouer que mon niveau d’anglais a réellement progressé. N’est-ce pas un comble de partir en Chine pour faire progresser son niveau d’anglais… Mon chinois quant’ à lui est ce qu’il y a de plus basique, juste de quoi se débrouiller pour vivre ; même si, je travaille avec des Chinois tous les jours. Mes collègues sont tous Chinois et francophones, parler le français est un des critères d’embauche ici car les clients sont français et ne parlent souvent pas la langue du pays  où ils exportent.

Autre élément essentiel, je souhaitais découvrir l’expérience agence, qui me manquait jusque-là, ayant réalisé toutes mes missions chez l’annonceur. Il me semblait crucial de connaître ce milieu, ce rythme de travail et cette ambiance « agence ».

Mes missions sont diverses mais sont avant tout centrées sur la création de plans Marketing essentiellement pour des clients du secteur viticole français.

New_ImagePar exemple, j’ai travaillé pour les vins d’Alsace, les vins du Bergerac, les vins du Sud Ouest, les vins du Beaujolais, les vins de Saint-Émilion…Tout l’enjeu est de trouver une stratégie percutante pour promouvoir ces vins en Chine, pays où ces vins français sont méconnus et fortement concurrencés par les vins du Nouveau Monde, les coutumes locales, et les habitudes de consommation orientées sur les alcools forts et la bière.

K10_Hello_Kitty_Logos_AffichesLa stratégie à adopter est très délicate à mettre en œuvre car nous avons à faire à un public novice en la matière. Hormis les vins de Bordeaux qui jouissent d’une notoriété forte, tous mes modes de réflexion antérieurs en la matière sont à écarter pour faire place à un fonctionnement totalement différent. Mes références françaises sur la stratégie à mettre en place est inutile ici, il faut faire abstraction de tout ce que je connaissais jusque là pour pouvoir me mettre dans la peau d’un consommateur Chinois ayant un mode vie, des valeurs et un référencier totalement différents. Je dois avouer que c’est aussi déroutant que passionnant. Vous imaginez la promotion d’un vin en France grâce à une mascotte « Hello Kitty » ; ici tout est possible. 

Les différences culturelles apparaissent parfois comme des barrages car il faut passer outre les incompréhensions existantes entre nos deux cultures.

Les réelles difficultés auxquelles j’ai été confrontée dans mon travail sont toutes liées aux barrières culturelles. Nous avons une conception très différente dans l’élaboration de la stratégie d’un plan marketing. Pour moi, un plan solide qui tient la route repose sur une stratégie sans faille, très travaillée et réfléchie. Pour les Chinois, et cela m’a été clairement dit comme ceci « La stratégie ne sert à rien, c’est du blabla, ce qui compte ce sont les actions ». J’ai eu beau argumenté de façon très imagée que selon moi, la stratégie représente les fondations d’une maison et que les actions qui en découlent sont les artifices du type couleur des murs, ou aménagement des meubles, mais rien n’y a fait. De ce postulat, je vous assure qu’entre mon plan de communication et celui d’un de mes collègues, il y a des différences énormes.

laura_projet_proTravailler avec des Chinois est vraiment très compliqué car à ce problème s’ajoute celui de la fierté. Si vous osez critiquer, de façon constructive bien entendu, ils s’offusquent, se vexent et donc se ferment. Il m’est arrivé plusieurs fois de devoir me fâcher et expliquer que la susceptibilité et le travail ne faisaient pas bon ménage… Mais dès qu’ils « perdent la face », le sujet du manque de respect intervient, c’est épuisant je vous assure… Je ne peux enfin pas oublier l’importance de la hiérarchie, non seulement je suis stagiaire et ils sont chefs de projets alors illaura_ralou faut être très délicat pour expliquer ce qui ne va pas dans un plan de communication, il faut faire preuve de beaucoup de tact, ce qui n’est pas toujours évident lorsqu’ils vous soutiennent mordicus que leur stratégie est excellente et que c’est vous  qui n’avez rien compris.

J’ai travaillé sur un aspect de mon caractère qui n’était jusqu’ici pas mon point fort : la patience. Mettre de l’eau dans son vin est un sacrilège mais la diplomatie dans le travail est une nécessité.

laura_futur_jobEtant quelqu’un de très « Pushy », qualificatif souvent utilisé à mon égard (une fois encore par ma maître de stage actuelle, qui considère cela comme une qualité), je dois parfois faire attention à ne pas « brusquer » mais seulement « réveiller en douceur » pour avancer… Je ne sais pas encore quel travail je vais trouver à l'issue de ce stage mais une chose est certaine, il y aura un lien, voire un rapport direct avec le secteur alimentaire. Je laisse les choses venir, une belle opportunité se présentera bien...

Pour ceux qui souhaitent venir travailler en Chine, dites-vous que la route sera sûrement éprouvante, le parcours semé d’embûches mais l’expérience reste  fabuleuse. Parole de Moi… 

Posté par laura le berre à 04:25 - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires sur Dernier jour de travail avant… Avant quand d’ailleurs !?! (12 Décembre 2008)

    Beau bilan d'expérience.
    Mam

    Posté par Mam, lundi 15 décembre 2008 à 12:24 | | Répondre
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